Round trip so far ! par Dan Albertini

Round trip so far ! par Dan Albertini

Partir avec la certitude du retour et rester pour ne plus revenir, loin d’être prophétique, est plutôt dramatique pour plusieurs. Cependant, la situation inverse, si elle évoque une saveur de destinée pour d’autres, dans mon cas j’ai trouvé façon fantaisiste de me l’expliquer. Elle engendre toute une histoire. Mon histoire. La Tête du travail avait offert à plusieurs d’entre nous, l’occasion pour partir en excursion, de s’évader, et surtout de ne pas travailler. Plutôt controversant! Ici à Montréal, la majorité de ces déplacements s’orientait sûrement vers le sud. Le carnaval antillais de l’homo africanus de New York City était la raison principale. La marée aux frontières yankee était plus noire qu’à l’habitude, c’est un rendez-vous! Cela fait 14 ans depuis que j’entends parler de ce phénomène culturel, de la beauté et de la richesse de festival haut en couleur. Cette année je l’expérimentais moi-même pour mesurer son degré de sensibilité et d’intelligence. Des noces, non pas celles de Cana, car le vin y était déjà et le lac qui avoisinait n’en perdit pas de son eau, ces noces me servirent donc de prétexte pour me jeter dans la mêlée. Loin d’être préoccupé par l’inévitable retour, affectueusement, j’étais attiré par la grande pomme. Et ce fut vrai !

L’attraction de cette grande ville où le tiers-monde m’avait promis de trouver de l’argent par terre n’est à n’en point douter. Le nettoyage de la criminalité préconisé par le maire Guliani (candidat républicain déçu par un cancer de la prostate) m’a rassuré. L’angoisse des années antérieures, où l’on voyait la misère et la drogue sur le visage même du Bronx et du Georges Washington Bridge (un symbole de la force des Yankees) avait fait place à autre chose. Je n’y trouvai pas l’argent, mais cette assurance tant désirée par les touristes dépassait le stade de la promesse. Elle y était déjà, d’ailleurs New York trouve toujours un prétexte pour m’inviter à rester un peu plus. Qui sait, peut-être pour toujours. Il y a de ces belles femmes comme on les voit au cinéma américain, au Soul Train quand j’étais plus jeune. C’était un rêve, c’est devenu mon fantasme. Aujourd’hui encore je n’ai touché à aucune de ces créatures. On les dit accessibles, et qui plus est vous invite le vendredi soir. Enfin, peut-être une autre légende! J’aimerais être compris, car le jeu en vaut la chandelle. S’arrêter une minute, oublier Montréal. Plusieurs y sont déjà restés, moi…, je vis encore à Montréal pourtant, je pense souvent en aller simple.

Montréal! Notre métropole n’est pas si piètre. Mais elle n’a pas Broadway, Wall Street non plus. Et, ça veut dire beaucoup. Pourtant, je fais encore mienne de la fierté montréalaise. Montréal possède un aspect particulier, unique en son genre avec tous ses festivals, plus particulièrement le festival international de jazz. Plus d’un million de personnes se tassent fraternellement, sans une bousculade, sans une égratignure. Cela rassure. Je profite de l’occasion pour dire chapeau à Alain Simard! Il y a aussi le festival juste pour rire qui comme cette année n’a pas tellement moussé le rire. Mais le nom et la démarche me plaisent encore. Le festival international des feux d’artifice: une réunion d’amateurs et de spécialistes qui bloquent le pont Jacques-Cartier pour des soirées de pluies d’étoiles multicolores. Il y en a d’autres comme le Carnaval antillais sur lequel on jasera un peu plus loin. C’est avec tout ce bagage culturel que j’abordais la frontière Lacolle. Prendre une route interdite. Mon voyage commence comme d’habitude : en catastrophe.

Vendredi 1e septembre 00, je commence à travailler à 10h00. C’est devenu coutume depuis une semaine. L’environnement d’une salle d’opération. On ouvre des patients, sitôt on les referme guéris ou soulagés. Parfois on les am…pute. La pression est forte, mon plat préféré. Je suis là pour gagner mon pain. L’administration m’avait fait appeler la veille pour me proposer l’horaire du dimanche. Accepté ! Plus tard, cinq minutes environ, je réalise que le dimanche 3 correspond à la date des noces prévues depuis un mois. Je vais parlementer avec la secrétaire, je la vois, je m’explique, elle me colle un refus de travailler. Je ne comprends pas. Je consulte mon représentant syndical. La secrétaire n’y est plus. La cause renvoyée donc au lendemain: c’est vendredi. Maudit vendredi !

Ma cause est perdue à l’avance, mon représentant syndical est trop lourd et inefficace. Bande de vendu que je paie pour rien ! En fin de compte je me résigne pour discuter du refus à mon retour. 14h00, je quitte pour récupérer un outil, je dois le remettre à mon oncle Édouard qui vit à New York. J’arrive avec une heure de retard, persuadé de trouver tout un monde de reproche. Je suis à l’heure haïtienne. Chez moi c’est l’heure d’une autre nation. C’est-à-dire : rien n’est prêt. Heureusement, car je serais responsable du retard. Chaque nation possède son horloge, la Suisse la plus précise, n’est pas encore à ma portée.

Ma femme est suspecte. Elle est la principale responsable de ce voyage tardif qui commence à 19h15. La frontière vite atteinte, on s’attarde alors à faire la queue avant de traverser. Un jeune couple essaie de doubler toute la file de voitures. Ce sont des noirs, sans doute de Haïtiens. Ils parlent créole, une influence directe sur mon prochain rêve. Deux jeunes agents handicapent la procession avec un protocole de Duc de Tonkel. Des nouveaux sans doute. Enfin de l’autre côté! C’est la route interdite. New York, il fait presque noir, je suis noir, on ne me verra pas. On ne me verra point.

20h10, la police surveille la route, les chauffards aussi. Personne ne m’a vu dans le noir, et je rentre à New York City à 3h15 le lendemain samedi. Huit heures de conduite sans permis, sans être attrapé par la SQ. Elle ne peut passer la frontière ni me signaler aux Américains. C’est ma joie. C’est un record Guinness

3h25, les chiens effraient mes enfants. Surtout mon fils de huit ans. Il jure de ne pas rentrer dans la maison. En fin de compte c’est le miracle, on dort, je me mets à rêver.

La culture est devenue un produit automne, elle s’installe dans l’économie pour parler d’économie culturelle. Elle véhicule bien le message des entreprises, elle propose de nouvelles mœurs, de nouvelles habitudes. Aujourd’hui, elle draine des sous-produits: des produits culturels. La production cinématographique s’améliore, la télévision s’exporte, le théâtre performant dans sa manière, dans son genre, comme dans son interprétation, les festivals pleuvent, vont bon train, et, sont chaleureux dans ce pays de froid malgré le froid de la gent nord-Américaine. Montréal est depuis peu, porte ouverte où l’Afrique, les Antilles comme l’Amérique trouvent leur place. Si le festival international de jazz rassemble les bluesmans, les salsas, les sambas, il ne néglige pas les calypsos, la soucousse. Le gospel negro spirituel est même devenu un atout pour le festival. La transition se fait facilement de juste pour rire, franco folies aux feux d’artifice internationaux. Les sports, même les …s y trouvent leur part. Pourquoi la Cari Fiesta et les autres activités des couleurs café (noirs) n’y arrivent pas tout simplement, comme les autres. Serait-ce un problème de leadership, d’encadrement sinon qu’en est-il ?

Il est vrai qu’en général les moyens des producteurs couleur café sont plus maigres, cependant cela ne peut constituer une excuse aujourd’hui encore à la médiocrité. Un an après Notre-Dame de Paris, vu sous un aspect tripatif : quelle leçon avons-nous tirée de ce savoir-faire et de cette imagination? De la récupération culturelle et artistique? Notre-Dame de Paris a fait sien d’un héritage européen dans le contexte du 17e siècle. De la diversité et de la variété d’artistes contemporains (Luk Merville : un exemple convaincant) ? Le partenariat en ce sens est très grand, quoique pas encore bien assimilé. Il y aurait donc malaise, mais à quel niveau ?

Et, on se réveille pour le sabbat.

La journée s’annonce chaude. Sûrement une prophétie qui s’accomplissait, où tout était au rendez-vous. Ouf, la température de cette grande ville où, déjà couleur, humidité et klaxon n’épargnent personne. D’ailleurs c’est la fête. Elle s’impose. Tambours, clairons, trompettes, enceintes aussi pour mieux exalter les calypsos, les meringues, surtout faire bouger ces hanches et arrière-trains qui veulent déverser leur trop-plein d’énergie, de frustrations ou de joies. C’est la fête à New York, le sexe est exposé, bien en vue, je suis presque atteint de trémulations.

Mon oncle Édouard navigue dans les eaux du classique, du romantique, du baroque et autres musiques dites plus intellectuelles des grands compositeurs européens plus présents encore aujourd’hui. Il s’enrage contre cette chaleur, contre l’humidité, contre ce brouhaha inutile dit-il. Toute autre activité commerciale est annulée à l’occasion. Une fête où l’on ne retrouve pas ses grands compositeurs (Beethoven, Mozart, Von Leicht, Shubert… etc.) La sœur de son gendre voulait qu’il l’amenât voir la parade du Eastern Parkway. Il ne digérait déjà pas celui-ci. Son amertume s’accentua. Toutes ces allées et venues me ralentissent dans le travail de la réfection de son plafond qui coulait. Plus de six mois depuis qu’il m’attend pour régler cette affaire.

La tension monte, je m’évade. Je décide de poursuivre mon rêve.

D‘un aspect plus élargi, parler de Montréal, implique les périphéries de la métropole comme Granby, Ste.Yacinthe, Lanaudière, Trois-Rivières Oka, etc. les activités s’étendent et la clientèle est Indou, musulmane, noire, blanche, chinoise, américaine, euro. Etc. s’active, se réjouie ou se régale. Des activités comme l’oratoire Saint-Joseph, le Mont-Royal, les fêtes gourmandes sont devenues favorites d’une clientèle internationale venant d’aussi loin que l’Asie et les Indes. La liste est encore exhaustive, mais, arrêtons-nous là pour les besoins de la cause.

Dix ans auparavant, je le lisais dans la revue Commerce, une entrevue de Claude Bélan de la Banque Nationale qui disait :  »Le Québec est passé d’une économie de locataire à une économie de propriétaire. » Aujourd’hui en l’an 2000, j’ajouterais: une économie avancée. Il y a eu progrès. Le Québec attire aujourd’hui des investisseurs de tout calibre, Montréal devient une plaque tournante de la nouvelle économie. L’informatique, la robotique, la biochimie, etc. sont des atouts majeurs de cette métropole où des délégués internationaux viennent s’y installer. Ils représentent une nouvelle catégorie d’ambassadeurs qui transportent la culture montréalaise dans leur pays. Il y a une dynamique. Tout y est déjà et les opportunités sont monstres surtout avec le phénomène du village global en communication. Vingt ans de festivals divers : Montréal est connu comme catalyseur dans le monde depuis plus de dix ans: Jazz, franco folies, créole, fêtes gourmandes, sports divers, feux d’artifice… . 

Parlons d’une autre réalité. Les chocolates (latinos) qui sont plus récents que les couleurs-café sont mieux structurés et plus unis à Montréal. Aujourd’hui, la culture latino-américaine s’infiltre partout à Montréal. On la voit au festival international de Jazz avec les artistes de fort calibre, on la voit dans les cafés très à la mode Second Cup épousant la forme de la porcelaine (assiettes, tasse, théière, cafetière naturellement, autres contenants variés), elle traverse les émissions qui enseignent leur langue, les vêtements et maroquineries sont visibles même dans les cégeps. Elle s’appelle Salsa tec (leur discothèque par excellence) et j’en passe. Les latinos sont aussi présents que représentés dans la sphère politique, on parle de Fatima Houda Pépin, de …, enfin ils viennent de partout et sont partout a la fois. Pour reprendre sur leur présence au Festival de jazz, ils commencent à s’imposer de la bossa-nova à la meringue. Bien sûr que nous parlerons de l’aspect artistique et de la chose esthétique aussi. Le constat est évident.

Enfin dimanche! C’est la cérémonie de mariage. Des noces tardives pour la mariée. Le thermomètre ne dérougit pas. L’humidité gêne plus que la chaleur. Je suis à la fois, père d’un enfant qui bouge beaucoup, caméraman amateur pour la famille, commentateur pour la même cause, et surtout écrasé par le poids des ans qui augmente sans cesse.

Pour tout cela, je débouche dans mon rêve sur une autre avenue; comme si je rêvais à un deuxième degré. Une nouvelle bribe de mon rêve: un événement couleur café intéressant, imposant, exportable: à quand ?

La question n’est pas de dénigrer ce qui se fait chez nous ou par certains d’entre nous, mais justement si ceci se fait pourquoi pas cela. Il est indéniable que nous avons nos valeurs sûres dans la communauté montréalaise aussi. On parlera de Bruny Surin dans le sport professionnel. On peut aussi évoquer Luk Merville (une rumeur veut qu’il soit l’instigateur de Notre-Dame de Paris. Cependant, il serait lié par une close du silence) et Antony Kavanah sur la scène artistique, Oliver Jones, Charles Bidle, Harold Faustin dans la musique, Dany Laferrière, Émile Olivier, Stanley Péan dans la littérature. On ne peut oublier Samuel Pierre dans la logique et l’informatique, le grand artiste-peintre Lyonel Laurenceau, le docteur Serge Rousseau dans la fertilité, etc. En général, les couleurs-café n’ont jamais été aussi instruits qu’en cette ère. Ici même à Montréal transite un fort volume de cerveaux qui viennent se spécialiser, une fois partis, ils deviennent président, ministre, évêque, etc. Il y a aussi ceux qui sont déjà établis. La question est de savoir pourquoi nous sommes si désorganisés.

Cependant, nous sommes à Montréal. Quand la Cari fiesta sera-t-elle exportable? Quand nos producteurs, dans leur métropole, feront-ils choux gras des activités culturelles et artistiques ? Si la culture de la hanche est notre meilleure, qu’on se le dise. Il serait temps, qu’on produise notre propre show télé pour développer un autre aspect de notre culture, de coopérer plutôt que de se tirer dans les pattes quand ce n’est pas la police qui le fait. Elle cessera de colorer les rangs des pénitenciers avec nos jeunes ?

À ce point-là, je plaide ma cause. Quatorze ans de festivals africains et créoles: quelle expertise offrons-nous ? Le CIDIHCA compte plus d’une décennie, quelle information offre-t-il? FrankÉtienne était à Montréal dernièrement, personne n’a pu le conseiller, Pèlentèt dépassé, c’est un fiasco, un espoir déçu, une espérance d’ailleurs. Cependant, nous représentons une source artistique alternative inépuisable, une récupération culturelle et une diversité contemporaine, une exploration réelle de la négritude.

Bien sûr que le carnaval antillais est une grande fête, mais, l’organisation est pauvre d’initiative, elle ne se renouvelle ni se dépasse. Bien sûr que one million march men de Farakhan était une revendication, mais une belle démonstration d’organisation: so what next !

Nous ne revendiquons pas une domination des couleurs café à Montréal. Non ! Montréal la seule et unique métropole franco-américaine. Elle offre l’opportunité de bien faire pour une meilleure visibilité. Elle possède une bonne qualité de vie, et l’attraction touristique est aussi un atout. Montréal est aussi un bassin multiculturel bilingue ouvert sur une diversité linguistique, ce qui le rend plus viable sur le plan international. Montréal, plus que Paris est une porte ouverte sur le monde pour noir francophone. C’est un catalyseur avec un bon taux de réussite artistique en background. De plus il offre le dynamisme d’une société en développement.

Tout simplement nous comptons sur une meilleure organisation communautaire, une meilleure représentativité dans les sphères politiques, de meilleurs résultats dans les activités culturelles. Ne dit-on pas que beaucoup de jeunes noirs éprouvent des difficultés d’adaptation à Montréal! Si culturellement leur communauté traîne en arrière, comment peut-on leur réclamer une certaine appartenance. L’évolution ne s’étant pas fait sentir dans le domaine de leur expression naturelle, leur culture ancestrale, comment peuvent-ils aspirer à de plus hautes sphères s’ils ne s’évadent pas de leur cloisonnement. Par exemple dans le théâtre, la radio, la télé, les sports: comment se réalisent-ils ?

New York, lundi 4 septembre à 9h00 c’est vraiment un carnaval: musique, couleurs, foule. Une foule qui vient pour s’installer. Ma réalité est différente, je dois retourner au Québec. Un Québec plus froid qu’ici, mais, je le désire chaudement. Je dois écrire pour un journal, le journal PAMH. Dans un autre langage: mon journal. Je veux retourner chez moi. Je fais le va-et-vient au milieu d’un flot de circulation qui stagne. Controversant! Chez l’oncle Édouard, chez le cousin Mat, ça ne finit plus. C’est déjà l’après-midi, il est tard. Ma compagne décide de récupérer un thermos chez l’oncle Édouard. Le chemin est à l’encontre de celui du retour. La tension monte pour une affaire vendue chez Dunkin Donuts, qui ne vend même pas du vrai café antillais. C’est ridicule! Je me tais et je fais le vide pour mieux me concentrer sur la route. Une route où les policiers m’attendent sans me voir passer, comme si j’étais invisible. J’ai fêté sans permis et je retourne sans permis. Au moins, j’ai fait quelque chose.

La traversée est longue, toute la forêt Adirondack, il fait noir. Je pense à la culture haïtienne. On dit qu’il est possible de voyager dans le noir à la vitesse de l’éclair, dans une boîte d’allumettes. Je donnerais cher pour le faire aujourd’hui. En fait nous sommes deux Haïtiens dans la voiture et trois enfants d’Haïtiens. La chose devrait être possible, mais les autres voitures nous dépassent pour le moment. Il faudrait que quelqu’un y pense.

C’est le chemin du retour, je pense très fortement au Québec, à Montréal. Je dois terminer mon rêve.

Aujourd’hui si je suis indépendantiste. Mieux, séparatiste, demain j’aurai le temps d’être fédéraliste. L’avocat Guy Bertrand l’a si bien fait, tout le monde le sait. On défend ses intérêts au mieux, l’essentiel c’est d’y être.

Pour ce voyage qui m’a ramené au Québec, j’ai redécouvert Montréal.

Alors que mes rêves me refoulent sur terre, je me retourne sans cesse vers eux.

Pour ces pensées négatives qui finissent par partir, je continue.

Pour ces belles femmes américaines que je regardais au Soul Train, je garde encore l’espoir.

Pour tous ces voyages engagés en aller simple, dont le retour…

Pour toutes ces choses-là, je dis aujourd’hui Round trip so far !


Article publié le jeudi 7 septembre 2000 par Journal PAMH – ISSN 1925-5551, édition sur support papier